AAH Décodée
L'allocation aux adultes handicapés, expliquée en français simple

Les conditions de l'AAH, une par une

L'Hôtel de Ville de Paris
L'Hôtel de Ville de Paris. Photo : Wikimedia Commons.
Un immeuble haussmannien à Paris
Un immeuble haussmannien à Paris. Photo : Wikimedia Commons.
Le Panthéon de Paris, rue Soufflot
Le Panthéon de Paris, rue Soufflot. Photo : Wikimedia Commons.

Quatre conditions doivent être réunies en même temps pour percevoir l'AAH : un taux d'incapacité suffisant, un âge minimum, une résidence stable en France, et des ressources sous plafond. Si l'une d'elles manque, le versement n'a pas lieu, même si les autres sont remplies. Les pages suivantes détaillent chacune de ces conditions ; celle-ci en donne la vue d'ensemble, dans l'ordre où un dossier est généralement examiné.

1. Le taux d'incapacité

Il faut un taux d'incapacité permanente d'au moins 80 %, fixé par la CDAPH selon un guide-barème national, ou un taux compris entre 50 % et 79 % accompagné d'une restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi, elle aussi reconnue par la CDAPH. « Substantielle » signifie des difficultés importantes d'accès à l'emploi que des aménagements, comme un poste adapté, ne suffisent pas à compenser. « Durable » signifie une durée prévisible d'au moins un an à partir du dépôt de la demande. Un taux inférieur à 50 % n'ouvre pas droit à l'AAH, même si les difficultés quotidiennes sont réelles : d'autres aides peuvent alors être examinées, mais pas celle-ci.

2. L'âge

Il faut avoir au moins 20 ans, ou au moins 16 ans si l'on n'est plus considéré comme à la charge de ses parents pour les prestations familiales. Avant 20 ans, d'autres prestations, comme l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé pour les plus jeunes, relèvent d'un autre cadre. Il n'y a pas d'âge maximum pour déposer une première demande, mais le passage à la retraite change les règles, comme l'explique la page sur la durée.

3. La résidence et la situation administrative

Il faut résider en France de façon stable et régulière : France métropolitaine ou Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, selon Service-Public. Les ressortissants européens doivent résider en France depuis plus de 3 mois, sauf s'ils exercent une activité professionnelle. Les personnes d'une autre nationalité doivent également résider depuis plus de 3 mois et être en situation régulière, avec un titre de séjour en cours de validité ou un récépissé de demande de renouvellement. Un séjour temporaire ou une résidence principale hors de France ne suffit pas.

4. Les ressources

Les ressources prises en compte sont celles qui figurent à la ligne « revenu net catégoriel » de l'avis d'imposition de l'avant-dernière année : pour une demande faite en 2026, ce sont les revenus de 2024. Certains revenus ne sont pris en compte que partiellement — revenus d'activité, pensions, rentes, rémunération garantie en établissement et service d'accompagnement par le travail — tandis que les revenus fonciers, c'est-à-dire les loyers perçus, sont pris en compte intégralement. Depuis le 1er octobre 2023, seules vos ressources personnelles comptent, dans le calcul dit « déconjugalisé », sauf si l'ancien calcul, qui tenait compte du couple, vous est plus favorable : la Caf ou la MSA applique alors automatiquement le calcul le plus avantageux, de façon définitive. Les plafonds annuels, pour une personne seule, sont de 12 499 € sans enfant à charge, 18 749 € avec un enfant, 24 998 € avec deux enfants, 31 248 € avec trois enfants et 37 497 € avec quatre enfants.

À retenir. Un dossier solide réunit les quatre conditions à la fois. Un taux élevé sans ressources sous plafond ne donne pas de versement ; des ressources faibles sans taux reconnu ne donnent pas de droit. Si vous hésitez sur l'un des quatre points, c'est ce point précis qu'il faut éclaircir en premier, avec la MDPH pour le taux, et avec la Caf ou la MSA pour les ressources.

Les erreurs fréquentes, avant même le dépôt

La première erreur consiste à confondre une reconnaissance administrative et un droit à versement : une carte mobilité inclusion, une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ou une pension d'invalidité ne donnent pas automatiquement l'AAH. La deuxième consiste à déclarer les revenus du couple comme si la déconjugalisation n'existait pas, ou à l'inverse à oublier que l'ancien calcul peut être conservé quand il est plus favorable. La troisième consiste à déposer un dossier incomplet, sans certificat médical récent ou sans justificatifs, ce qui retarde l'instruction alors que le délai de 4 mois court à partir d'un dossier recevable. La page sur la demande MDPH donne la liste des pièces à préparer.

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