Combien de temps l'AAH est-elle versée ?



La durée de l'AAH dépend du taux d'incapacité et de la possibilité d'une évolution favorable du handicap. Elle est fixée dans la notification de la CDAPH : c'est cette date de fin, et non une durée moyenne lue sur internet, qui fait foi pour votre dossier. Anticiper le renouvellement, c'est éviter une interruption de versement.
| Taux d'incapacité | Durée d'attribution |
|---|---|
| Au moins 80 %, handicap pouvant évoluer favorablement | De 1 à 10 ans |
| Au moins 80 %, handicap ne pouvant pas évoluer favorablement | Sans limitation de durée (à vie) |
| De 50 % à 79 %, évolution favorable possible | De 1 à 2 ans |
| De 50 % à 79 %, sans évolution favorable sur la période | De 1 à 5 ans |
L'attribution sans limitation de durée
L'attribution sans limitation de durée, souvent appelée « AAH à vie », ne concerne qu'une situation précise : un taux d'incapacité permanente d'au moins 80 %, avec des limitations d'activité qui ne sont pas susceptibles d'évolution favorable, compte tenu des données de la science. Dans ce cas seulement, il n'y a pas de demande de renouvellement à déposer pour le droit au handicap. Attention : cela ne dispense pas de déclarer ses changements de situation à la Caf ou à la MSA, ni de déclarer ses revenus chaque trimestre quand on travaille. Le droit est sans limite de durée, mais le montant reste calculé sur les ressources du moment.
Dans tous les autres cas, le droit est attribué pour une période limitée, et il faut refaire une demande avant la fin de cette période, en suivant la même démarche que pour la demande initiale : même formulaire, pièces actualisées, nouvelle instruction par la CDAPH. Le bon réflexe est de déposer le renouvellement plusieurs mois avant l'échéance — six mois d'avance est un repère souvent conseillé — parce que le délai d'instruction est de 4 mois et qu'un dossier déposé trop tard laisse une période sans versement.
Que se passe-t-il à la retraite ?
Le passage à la retraite est le deuxième grand tournant de la durée de l'AAH, et il dépend lui aussi du taux. Avec un taux d'au moins 80 %, vous pouvez cumuler votre pension de retraite et l'AAH si le montant de votre pension est inférieur au montant maximum de l'AAH : vous recevez alors la différence entre votre pension et le plafond de 1 041,59 €. Vous n'avez pas à demander l'allocation de solidarité aux personnes âgées pour conserver ce complément.
Avec un taux compris entre 50 % et 79 %, l'AAH cesse à l'âge légal de départ à la retraite, et la pension de retraite prend le relais. Si cette pension est insuffisante, l'allocation de solidarité aux personnes âgées peut la compléter, en général à partir de 65 ans, ou dès l'âge légal en cas d'inaptitude reconnue. Il est utile de préparer ce passage avant l'âge légal, en vérifiant ses droits à retraite et en demandant conseil à sa caisse de retraite, pour éviter une période sans revenu entre la fin de l'AAH et le premier versement de la pension.
Révision en cours de droit
Avant la fin de la période d'attribution, les droits peuvent être révisés à la demande de la personne, de la Caf, de la MSA ou du préfet, en cas de modification de l'incapacité. Une aggravation durable peut justifier une révision du taux ou de la durée ; une amélioration durable peut, à l'inverse, conduire à une réduction. C'est une raison de plus pour signaler tout changement important, dans un sens comme dans l'autre, plutôt que d'attendre l'échéance du droit. Une révision demandée tôt laisse le temps d'instruire le dossier sans rupture de versement.